Les compétences de la sage-femme

 

« Les sages-femmes exercent une profession médicale à compétence définie, c’est-à-dire que le code de la santé publique a déterminé leur champ d’intervention.

L.4151-1

L’exercice de la profession de sage-femme comporte la pratique des actes nécessaires au diagnostic, à la surveillance de la grossesse et à la préparation psychoprophylactique à l’accouchement, ainsi qu’à la surveillance et à la pratique de l’accouchement et des soins postnataux en ce qui concerne la mère et l’enfant, sous réserve des dispositions des articles L. 4151-2 à L. 4151-4 et suivant les modalités fixées par le code de déontologie de la profession, mentionné à l’article L. 4127-1.

L’examen postnatal peut être pratiqué par une sage-femme si la grossesse a été normale et si l’accouchement a été eutocique.

L’exercice de la profession de sage-femme peut comporter également la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique.

L. 4151-3

En cas de pathologie maternelle, foetale ou néonatale pendant la grossesse, l’accouchement ou les suites de couches, et en cas d’accouchement dystocique, la sage-femme doit faire appel à un médecin. Les sages-femmes peuvent pratiquer les soins prescrits par un médecin en cas de grossesse ou de suites de couches pathologiques. »

Dans le cadre des compétences de la sage-femme, sont énumérés de façon non limitative à l’article R.4127-318, certains des actes que peuvent pratiquer les sages-femmes :

  1. L’échographie dans le cadre de la surveillance de la grossesse.
  2. Le frottis cervico-vaginal au cours de la grossesse et lors de l’examen postnatal mentionné à l’article L.2122-1.
  3. L’amnioscopie de fin de grossesse.
  4. La surveillance électronique de l’état du foetus et de la contraction utérine pendant la grossesse et au cours du travail.
  5. Le prélèvement de sang foetal et la mesure du pH du sang.
  6. L’oxymétrie du pouls foetal.
  7. L’anesthésie locale au cours de l’accouchement.
  8. L’épisiotomie, la réfection de l’épisiotomie non compliquée et la restauration immédiate des déchirures superficielles du périnée.
  9. La réanimation du nouveau-né dans l’attente du médecin.
  10. La délivrance artificielle et la révision utérine, à l’exclusion des cas d’utérus cicatriciels ; en cas de besoin, la demande d’anesthésie auprès du médecin anesthésiste-réanimateur peut être faite par la sage-femme.
  11. Le dépistage des troubles neuro-sensoriels du nouveau-né.
  12. La surveillance des dispositifs intra-utérins.
  13. La rééducation périnéo-sphinctérienne en cas de troubles consécutifs à un accouchement.
  14. Des actes d’acupuncture, sous réserve que la sage-femme possède un D.I.U d’acupuncture obstétricale délivré par une université de médecine. (Arrêté du 2 novembre 2009).

Les sages-femmes sont également autorisées :

– À effectuer, au cours du travail, la demande d’anesthésie locorégionale auprès du médecin anesthésiste-réanimateur. Elles en informent, dans ce cas, le médecin gynécologue obstétricien.

– À participer à la technique d’analgésie locorégionale pratiquée lors de l’accouchement à l’exclusion de la période d’expulsion et sous réserve qu’un médecin puisse intervenir à tout moment. La première injection doit être réalisée par un médecin. La sage-femme ne peut pratiquer les injections suivantes que par la voie du dispositif mis en place par le médecin. Elle peut procéder au retrait de ce dispositif.

Dès lors qu’elle a accepté de répondre à une demande, la sage-femme s’engage à assurer personnellement avec conscience et dévouement les soins conformes aux données scientifiques du moment que requièrent la patiente et le nouveau-né.

Sauf cas de force majeure, notamment en l’absence de médecin ou pour faire face à un danger pressant, la sage-femme doit faire appel à un médecin lorsque les soins à donner débordent sa compétence professionnelle ou lorsque la famille l’exige. »

Source : Conseil national de L’Ordre des sages-femmes